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A Nantes, le sujet compliqué de l’insécurité

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Depuis plusieurs mois, Nantes est régulièrement au cœur de l’actualité pour des faits liés à l’insécurité. Le sujet alimente les débats entre la majorité municipale et l’opposition, qui peuvent parfois donner lieu à des échanges houleux.

police controle manifestation | Image d'illustration - @Nantesinfo44
La délinquance a baissé de 11 % à Nantes pour les 8 premiers mois de 2023 | Image d'illustration - @Nantesinfo44

Fusillades, agressions, trafic de drogue ou manifestations violentes. Nantes a souvent fait parler d’elle ces derniers mois dans les médias pour ces différentes raisons. Il y 2 semaines, un documentaire d’Enquête exclusive présentait un reportage sur l’insécurité présente dans la ville de Nantes avant une interview de Johanna Roland, maire de Nantes.

Ce jeudi, la maire annonçait que Bassem Asseh, premier adjoint reprend la délégation de la sécurité et à la tranquillité publique et remplace ainsi Pascal Bolo. Une “surprise” qui fut dévoilée à la suite du bilan de mi-mandat de la maire de Nantes sur la sécurité.

Les chiffres de la délinquance en baisse

Comme l’explique Ouest France, Johanna Roland a dévoilé les chiffres de la délinquance qui sont en baisse de 11 % depuis le début de l’année. Plus précisément, en baisse de 5,5 % pour les atteintes aux personnes, 15,5 % pour les atteintes aux biens dont une baisse de 18 % des cambriolages, les vols avec violence sont en baisse de 14 % et une baisse spectaculaire de 24 % des vols dans les transports.

Des chiffres positifs pour la majorité municipale, qui les communique pour la première fois à la place de la préfecture qui le fait habituellement. La police municipale nantaise compte actuellement 163 policiers et la création d’une brigade canine a été annoncée durant la conférence de presse. Johanna Roland a également précisé que les 250 caméras de vidéosurveillance qui était une de ses promesses, seront installées au mois d’octobre.

Enfin la maire de Nantes ajoute à Ouest France “Je donne ces chiffres avec prudence car je sais, par expérience, qu’il suffira d’une actualité dramatique pour que ces résultats puissent sembler évaporés.

L'opposition remontée

L’opposition a réagi à ces chiffres comme Laurence Garnier, sénatrice LR, qui a tweeté : “Les chiffres de l’insécurité amorcent enfin une légère baisse à Nantes , mais si insuffisante que l’adjoint à la sécurité est remercié. Avec les élus Mieux Vivre à Nantes, nous continuerons à nous battre pour garantir votre sécurité et obliger la Maire de #Nantes à agir.“.

Les débats entre la majorité municipale et l’opposition sont nombreux et ne se passent pas qu’en conseil municipal. Sur X (ancien Twitter), les échanges entre élus sont nombreux et peuvent être parfois houleux sur le sujet de l’insécurité.

La dernière polémique qui a opposé la majorité à l’opposition s’est déroulée après les propos de Yann Trichard,  président de la CCI de Nantes – Saint-Nazaire sur le Nantes Bashing durant un entretien accordée à Ouest France : “Il y a quelques abrutis qui s’amusent à faire du bashing autour de Nantes. Je ne vois pas à quoi ça sert” avant de rajouter “Il faut regarder les classements des villes en termes de crimes et délits. On est maintenant à la 20ème place. Je ne dis pas que c’est formidable, mais on est la 6ème ville de France. La première ville, en termes d’insécurité, c’est Lille […] Bordeaux est devant nous, contrairement à ce que l’on peut dire. Grenoble aussi. Nantes se positionne mieux dans le classement grâce aux efforts mis en place“.

Denis Talledec, un élu de la mairie de Nantes a alors repartagé l’interview sur X en expliquant : “Ce n’est pas moi qui le dit mais le Président de la CCI : Le « Nantes bashing » l’exaspère ! et au niveau sécurité : « On est à la 20e place » derrière Lille, Bordeaux…“.

Cela a provoqué l’indignation de l’opposition après les propos du président de la CCI et le tweet de l’élu. L’association Sécurité Nocturne Nantes a fait un communiqué de presse où elle dit avoir pris connaissance avec stupéfaction et indignation les propos tenus par Yann Trichard, avant de dénoncer le tweet de Denis Talledec. Plusieurs nantais ont également décrié les propos du président de la chambre d’Industrie et de Commerce sur les réseaux sociaux, qui lui reproche notamment d’avoir utilisé le terme “abrutis”.

Plusieurs élus ont également pris la défense de Yann Trichard sur X, comme Cécile Bir, adjointe au maire de Nantes : “Quand Yann Trichard qualifie quelques personnes “d’abrutis” avec son franc parler, ce ne sont pas les “tous les nantais“. Guillaume Richard, conseiller municipal qui est membre du parti politique Horizon défend également le président de la CCI et attaque la maire de Nantes : “Je ne crois pas une seconde que Yann Trichard traite les Nantais d’abrutis. Et je le rejoins quand il dit que les Nantais suivront ceux qui montrent les solutions. Je crois surtout que Johanna Rolland joue sur une communication nouvelle et malhonnête, qui a pour objectif de faire croire que l’opposition tape sur Nantes, alors que nous décrions sa politique désastreuse“.

Une émission sur l'insécurité

Il y a 2 semaines, l’émission “Enquête exclusive” diffusait un reportage sur l’insécurité à Nantes. L’émission de M6 montre alors le quotidien des nantais et des policiers et la délinquance présente dans la ville. Elle a énormément fait réagir sur X avec des extraits qui cumulent plusieurs centaines de milliers de vues.

Depuis la rentrée 2022, Nantes a ainsi fait la une de nombreux médias due à l’insécurité, et fait l’objet de nombreux articles dans la presse, comme celui du Figaro sorti au début de l’été qui s’intitule “Ces Nantais qui déménagent à cause de l’insécurité” et qui avait fait réagir les internautes.

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